Tu t’es déjà demandé pourquoi tu avais mal au ventre avant un rendez-vous important, ou pourquoi ta nuque se bloque quand tu es stressée ?
Non, tu n’es pas en train d’inventer tes douleurs. Ton corps parle, parfois à la place de tes émotions.
Qu’est-ce qu’un “symptôme somatique” ?
C’est quand ton corps souffre… mais que les médecins ne trouvent rien d’anormal.
Douleurs chroniques, fatigue persistante, maux de tête, troubles digestifs… Ces symptômes bien réels n’ont pas de cause organique claire, mais sont liés à ton vécu émotionnel ou psychique.
👉 Et ce n’est pas “dans ta tête” : c’est une vraie interaction entre ton cerveau, ton système nerveux, ton système immunitaire et… ta mémoire émotionnelle.
Le stress, ce “super méchant” mal compris, mais parfois un ami aussi.

On le pointe du doigt à chaque fatigue, chaque douleur, chaque bug du corps.
“C’est le stress.”
Et si c’était un peu plus compliqué que ça ?
Il est là pour te sauver (au départ)
Le stress, à la base, c’est une alarme. Une réaction naturelle de ton corps face à ce qu’il perçoit comme une menace.
Ton cœur bat plus vite. Tes muscles se tendent. Ton cerveau est en hypervigilance.
🔸 Tu évites un accident.
🔸 Tu réussis un oral.
🔸 Tu réagis en cas d’urgence.
C’est ton superpouvoir.
Le problème, c’est que cette alarme n’est pas conçue pour rester allumée tout le temps.
Quand il reste trop longtemps, il devient envahissant
Le stress devient problématique quand il s’installe, sans pause, sans fin.
Ton corps reste en “mode combat” même quand il n’y a plus de tigre à affronter.
Et là… il use.
Il dérègle ton sommeil.
Il attaque ton immunité.
Il crée des douleurs, des tensions, des troubles digestifs, des palpitations…
📌 L’INSERM rappelle que le stress chronique entraîne une surproduction de cortisol, une hormone qui, à haute dose, peut littéralement saboter ton équilibre physique et émotionnel.

Ce que la science appelle “symptômes somatiques”
Dans le langage médical, on parle de symptômes somatiques lorsqu’on ressent une douleur ou un trouble physique — mais qu’aucune cause organique évidente n’est trouvée.
Ça ne veut pas dire que c’est “dans la tête”. Ça veut dire que c’est dans tout ce qu’on a vécu, ressenti, enfoui.
Le lien entre corps et émotion n’est plus un mystère. Des centres comme la Cleveland Clinic ou la Haute Autorité de Santé le confirment : nos émotions ont une empreinte biologique.
Quand le corps devient messager
« Les émotions que l’on n’exprime pas ne meurent pas. Elles sont enterrées vivantes et reviennent nous hanter plus tard sous une autre apparence. »
— Sigmund Freud
Certaines personnes n’ont pas appris à identifier leurs émotions. On parle alors d’alexithymie. Elles n’expriment pas ce qu’elles ressentent — mais leur corps, lui, le fait. Il déclenche des douleurs, des troubles, comme seul moyen d’expression.
Des chercheurs ont démontré que l’alexithymie est fortement liée aux troubles somatiques
Dans ce cas, le corps devient le porte-parole de ce qu’on n’a jamais appris à formuler : colère, tristesse, frustration, peur…
Les personnes alexithymiques ont plus de risques de développer des douleurs inexpliquées, justement parce qu’elles n’arrivent pas à dire ce qu’elles ressentent.
C’est comme si ton corps disait :
“Bon ben… puisqu’elle dit rien, je vais m’en occuper.”
Petit best-of des messages du corps
💬 Mal au dos ? Peut-être que tu portes trop (de stress, de culpabilité, de responsabilités).
💬 Estomac noué ? Et si tu n’arrivais pas à “digérer” ce que tu vis ?
💬 Gorge serrée ? Peut-être qu’il y a des mots que tu n’as jamais pu dire.
Tu vois où on veut en venir ?
Ton corps est plus poète que tu ne le crois. Il ne fait pas “juste mal” : il symbolise. Et la recherche actuelle valide cette intuition.
Des études montrent que chez les personnes atteintes de troubles somatiques, des zones cérébrales comme l’amygdale (la reine des émotions) sont en état d’alerte permanent, sans qu’il y ait de “maladie” visible

D’accord, mais… on fait quoi avec ça ?
👉 On n’ignore pas les signaux. Même quand on a envie que ça passe tout seul.
👉 On consulte un professionnel de santé. Toujours. Parce qu’il faut d’abord vérifier que tout va bien sur le plan physique.
👉 On peut ensuite aller plus loin avec une approche psychocorporelle : thérapie, hypnose, relaxation, mouvement, travail sur les émotions…

Conseils scientifiquement reconnus pour améliorer sa qualité de vie
Adopter certaines habitudes peut contribuer à réduire les symptômes somatiques et à améliorer le bien-être général :
- Activité physique régulière : la pratique d’exercices comme la marche, le yoga ou la danse a montré des effets positifs sur la santé mentale et physique.
- Alimentation équilibrée : une nutrition saine et variée soutient le fonctionnement optimal du corps et de l’esprit .
- Sommeil de qualité : un repos suffisant et réparateur est essentiel pour la régénération physique et mentale .
- Gestion du stress : des techniques comme la méditation, la pleine conscience ou la relaxation peuvent aider à mieux gérer les tensions .
- Expression des émotions : tenir un journal, parler à un proche ou consulter un thérapeute permet de libérer les émotions refoulées.
- Contact avec la nature : des activités comme la sylvothérapie (bains de forêt) ont des effets bénéfiques sur le stress et l’anxiété .
⚠️ Prudence face aux solutions non validées scientifiquement
Il est tentant de se tourner vers des remèdes naturels ou des pratiques alternatives pour soulager les symptômes. Cependant, il est important de rester vigilant :
- Absence de preuves scientifiques : certaines méthodes n’ont pas été validées par des études rigoureuses.
- Risque de retarder un diagnostic médical : en privilégiant des approches non conventionnelles, on peut passer à côté d’une pathologie nécessitant une prise en charge spécifique.
- Effets secondaires ou interactions : certains produits naturels peuvent interagir avec des traitements médicaux ou provoquer des effets indésirables.
⚠️ Attention aux “solutions miracles” trouvées sur les réseaux.
Tu vas croiser des discours très séduisants, qui promettent de soigner avec une tisane magique ou une pensée positive. Et parfois ça fait du bien, oui… mais ça ne remplace pas un suivi médical.
Même dans les pratiques naturelles, il peut y avoir des dérives. Certains retards de diagnostic coûtent très cher en santé.
Julie Eldert
➡️ Le ministère de la Santé met régulièrement en garde contre les soins non encadrés. Alors même si on adore l’idée du “tout naturel”, la prudence est une forme d’amour envers soi-même.

Laisser un commentaire